Communication et interactions sociales dans l’autisme

La communication constitue l’un des domaines les plus souvent concernés chez les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Pourtant, réduire l’autisme à une simple difficulté de communication serait une vision incomplète.

Certaines personnes autistes parlent beaucoup, d’autres très peu, et certaines ne développent pas le langage oral.

Les difficultés ne concernent pas uniquement les mots utilisés, mais également la manière de comprendre les autres, d’interpréter les situations sociales et de partager une interaction.

Comprendre ces particularités permet d’adapter sa communication et de favoriser des échanges plus sereins au quotidien.

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Pourquoi certaines personnes autistes parlent-elles peu ?

L’absence ou le retard de langage n’est pas une caractéristique obligatoire du TSA.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes autistes développent un langage oral fonctionnel, tandis que d’autres utilisent principalement des gestes, des pictogrammes, une tablette de communication ou d’autres moyens de communication alternative.

Lorsque le langage est peu développé, cela ne signifie pas nécessairement que la personne comprend peu de choses.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer des difficultés d’expression :

  • difficultés de planification motrice de la parole ;
  • difficultés d’initiation de la communication ;
  • surcharge sensorielle ou émotionnelle ;
  • difficultés à organiser sa pensée ;
  • motivation limitée à communiquer lorsque les interactions sont peu fonctionnelles.

L’objectif n’est donc pas uniquement de faire parler la personne, mais de lui permettre de communiquer efficacement par le moyen le plus adapté.

Schéma présentant les principaux facteurs pouvant expliquer les difficultés d'expression chez certaines personnes autistes : organisation de la pensée, initiation de la communication, motivation limitée, surcharge sensorielle ou émotionnelle et planification motrice de la parole.

Communication verbale et non verbale

Communiquer ne consiste pas uniquement à parler !

Chaque interaction mobilise de nombreuses compétences :

  • regarder son interlocuteur (sans que cela soit une obligation) 
  • comprendre les expressions faciales 
  • interpréter le ton de la voix 
  • utiliser les gestes 
  • adapter son langage au contexte 
  • comprendre les intentions de l’autre

Certaines personnes autistes présentent des difficultés dans plusieurs de ces domaines.

À l’inverse, beaucoup développent des stratégies de compensation leur permettant de communiquer efficacement, parfois au prix d’un effort cognitif important.

Il est donc préférable d’observer les besoins réels de la personne plutôt que de s’appuyer sur des stéréotypes.

Schéma illustrant les principales compétences implicites mobilisées lors des interactions sociales : observation visuelle, compréhension des expressions faciales, interprétation du ton de la voix, utilisation des gestes, adaptation du langage et compréhension des intentions de l'interlocuteur

Compréhension implicite et second degré

Une grande partie de notre communication repose sur l’implicite.

Lorsque quelqu’un dit :

« Tu pourrais ouvrir la fenêtre ? »

il ne s’agit généralement pas d’une simple question sur la capacité physique à ouvrir une fenêtre, mais d’une demande.

De même, l’humour, l’ironie, les sous-entendus ou les expressions imagées peuvent être difficiles à interpréter.

Certaines personnes autistes comprennent parfaitement ces formes de langage, tandis que d’autres préfèrent une communication plus explicite et plus directe.

Dans le doute, utiliser des formulations simples, précises et sans ambiguïté facilite souvent les échanges.

L'attention conjointe

L’attention conjointe correspond à la capacité de partager son attention avec une autre personne autour d’un même objet, d’un événement ou d’une activité.

Par exemple :

  • montrer un objet du doigt 
  • suivre le regard d’une autre personne 
  • attirer l’attention sur quelque chose d’intéressant

Chez certains jeunes enfants autistes, cette compétence se développe plus lentement.

Or, elle joue un rôle important dans les apprentissages, le développement du langage et les interactions sociales.

Les interventions précoces proposent souvent des activités visant à encourager ces moments de partage, dans un contexte ludique et motivant.

Schéma présentant trois stratégies pour favoriser le développement de l'attention conjointe chez une personne autiste : améliorer la communication, utiliser des signaux visuels et proposer des activités partagées

Relations sociales et amitiés

Contrairement à une idée reçue, les personnes autistes ne sont pas dépourvues d’intérêt pour les relations sociales.

Leurs attentes, leurs façons d’entrer en relation ou leurs besoins peuvent cependant être différents.

Certaines apprécient :

  • des échanges autour d’intérêts communs 
  • des interactions prévisibles 
  • les petits groupes 
  • des relations profondes mais peu nombreuses

D’autres peuvent ressentir une fatigue importante après des situations sociales prolongées, en raison des nombreux efforts nécessaires pour interpréter les codes sociaux.

Respecter ces particularités contribue souvent davantage à l’épanouissement social que chercher à normaliser les comportements.

Infographie illustrant les préférences sociales fréquemment observées chez certaines personnes autistes : recherche de relations profondes, centres d'intérêt communs, préférence pour les petits groupes et fatigue après des interactions sociales prolongées

Adapter sa communication

Quelques principes simples permettent généralement d’améliorer les interactions :

  • utiliser un langage clair et précis 
  • éviter les consignes multiples données simultanément 
  • laisser du temps pour répondre 
  • vérifier la compréhension plutôt que supposer 
  • s’appuyer sur des supports visuels lorsque cela est utile 
  • respecter les modes de communication préférés de la personne

Ces adaptations ne visent pas à infantiliser la personne autiste, mais à rendre les échanges plus accessibles.

Infographie présentant les principaux obstacles pouvant compliquer les interactions avec une personne autiste : langage imprécis, consignes multiples, manque de temps pour répondre, absence de supports visuels, suppositions et non-respect des préférences de communication

À retenir

Les particularités de communication observées dans l’autisme sont très variables d’une personne à l’autre.

Elles concernent autant la compréhension que l’expression, le langage verbal que non verbal, ainsi que l’interprétation des situations sociales.

Mieux comprendre ces différences permet de construire des interactions plus respectueuses, plus efficaces et davantage centrées sur les besoins de chacun.

Infographie présentant quatre principes pour adapter la communication avec une personne autiste : comprendre ses particularités, améliorer la compréhension mutuelle, adapter son expression et construire des interactions respectueuses

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Sources scientifiques

Les informations présentées dans cet article s’appuient sur les recommandations et publications scientifiques de référence actuellement disponibles concernant le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA).

Références

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Norbury, C. F. (2014). Practitioner review: Social (pragmatic) communication disorder conceptualization, evidence and clinical implications. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 55(3), 204-216. https://doi.org/10.1111/jcpp.12154

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Zwaigenbaum, L., Bauman, M. L., Choueiri, R., Kasari, C., Carter, A., Granpeesheh, D., Mailloux, Z., Roley, S. S., Wagner, S., & Fein, D. (2015). Early intervention for children with autism spectrum disorder under 3 years of age: Recommendations for practice and research. Pediatrics, 136(Suppl. 1), S60-S81. https://doi.org/10.1542/peds.2014-3667E

Kasari, C., Gulsrud, A., Wong, C., Kwon, S., & Locke, J. (2010). Randomized controlled caregiver mediated joint engagement intervention for toddlers with autism. Journal of Autism and Developmental Disorders, 40(9), 1045-1056.

Eigsti, I. M., de Marchena, A. B., Schuh, J. M., & Kelley, E. (2011). Language acquisition in autism spectrum disorders: A developmental review. Research in Autism Spectrum Disorders, 5(2), 681-691.

Paul, R., & Norbury, C. F. (2012). Language disorders from infancy through adolescence (4th ed.). Elsevier.

Fonctionnement et particularités dans l’autisme

Le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) ne se résume pas à des différences de communication ou d’interactions sociales. Il s’accompagne également de particularités dans la manière de percevoir l’environnement, de traiter les informations, de s’organiser et de gérer les changements du quotidien.

Ces particularités varient fortement d’une personne à l’autre. Certaines peuvent constituer des difficultés dans certains contextes, tandis que d’autres peuvent représenter de véritables forces lorsqu’elles sont comprises et prises en compte.

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Les particularités sensorielles

Les particularités sensorielles sont très fréquentes chez les personnes autistes. Elles concernent la manière dont le cerveau reçoit, traite et interprète les informations provenant des différents sens.

Certaines personnes peuvent présenter une sensibilité importante aux bruits, à la lumière, aux odeurs, aux textures ou aux contacts physiques. D’autres peuvent au contraire rechercher activement certaines sensations.

Ces différences sensorielles peuvent avoir un impact significatif sur la vie quotidienne, notamment à l’école, au travail, dans les transports ou lors d’activités sociales.

Comprendre le profil sensoriel d’une personne permet souvent de mieux comprendre certains comportements et de mettre en place des adaptations adaptées à ses besoins.

Infographie sur les particularités sensorielles dans l’autisme présentant l’hypersensibilité sensorielle, la recherche de stimulations sensorielles et leurs impacts sur la vie quotidienne.

Les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives correspondent à un ensemble de capacités cognitives qui permettent de planifier, organiser, contrôler et ajuster ses actions.

Elles interviennent notamment lorsqu’il faut :

  • planifier une tâche
  • gérer son temps
  • organiser ses affaires
  • passer d’une activité à une autre
  • inhiber une réponse inadaptée
  • maintenir son attention sur un objectif

Certaines personnes autistes peuvent rencontrer des difficultés dans ces domaines, ce qui peut rendre certaines tâches du quotidien plus complexes malgré de bonnes compétences intellectuelles.

Ces difficultés ne traduisent pas un manque de volonté ou de motivation, mais reflètent un fonctionnement cognitif particulier qui nécessite parfois des outils de compensation ou des adaptations.

Infographie présentant trois fonctions exécutives essentielles : la planification, la gestion du temps et l’organisation. Ces compétences cognitives permettent d’organiser ses actions, atteindre ses objectifs et s’adapter aux exigences du quotidien.

Les intérêts spécifiques

Les intérêts spécifiques constituent une caractéristique fréquente de l’autisme.

Ils correspondent à des centres d’intérêt particulièrement développés, investis avec intensité et souvent accompagnés d’une grande quantité de connaissances.

Ces intérêts peuvent concerner des domaines très variés : animaux, histoire, transports, informatique, musique, sciences, langues, jeux vidéo ou encore collections.

Contrairement à certaines idées reçues, les intérêts spécifiques ne sont pas nécessairement problématiques. Ils peuvent favoriser les apprentissages, la motivation, l’estime de soi et parfois même devenir un atout dans la vie professionnelle.

L’objectif n’est généralement pas de les supprimer mais de les comprendre et de les utiliser comme leviers de développement.

Infographie présentant les principaux avantages des intérêts spécifiques dans l’autisme : développement professionnel, amélioration des apprentissages, augmentation de la motivation et renforcement de l’estime de soi.

Les routines et le besoin de prévisibilité

De nombreuses personnes autistes apprécient les routines et les environnements prévisibles.

Les routines permettent de réduire l’incertitude, d’anticiper les événements et de limiter la charge cognitive liée aux imprévus.

Ce besoin de prévisibilité peut se traduire par :

  • l’utilisation d’emplois du temps
  • des habitudes bien établies
  • des rituels quotidiens
  • le besoin d’être informé à l’avance des changements

Lorsque les routines sont respectées, elles peuvent contribuer au bien-être, à l’autonomie et à la gestion du stress.

Infographie illustrant le besoin de prévisibilité dans l’autisme à travers quatre éléments : les emplois du temps, les habitudes établies, les rituels quotidiens et l’information préalable sur les changements.

Les difficultés de flexibilité

La flexibilité cognitive correspond à la capacité d’adapter sa pensée ou son comportement lorsqu’une situation change.

Les difficultés dans ce domaine sont fréquentes.

Cela peut se manifester par :

  • une difficulté à modifier un plan prévu
  • un inconfort face aux changements imprévus
  • des difficultés à envisager plusieurs solutions à un même problème
  • un temps d’adaptation plus important lors des transitions

Ces réactions ne sont généralement pas liées à de l’opposition volontaire mais à la nécessité de traiter un changement qui demande davantage d’efforts cognitifs.

Des stratégies d’anticipation, des supports visuels et une préparation progressive peuvent souvent faciliter ces situations.

Infographie illustrant les difficultés d’adaptation au changement dans l’autisme : difficulté à modifier un plan, inconfort face aux imprévus, difficulté à envisager plusieurs solutions et besoin d’un temps d’adaptation plus important.

En résumé

Les particularités sensorielles, les fonctions exécutives, les intérêts spécifiques, le besoin de prévisibilité et les difficultés de flexibilité font partie des caractéristiques fréquemment observées dans le TSA.

Comprendre ces particularités permet d’adapter l’environnement, de favoriser l’autonomie et de mieux accompagner les besoins individuels de chaque personne.

Infographie résumant cinq particularités fréquemment observées dans l’autisme : particularités sensorielles, fonctions exécutives, intérêts spécifiques, besoin de prévisibilité et difficultés de flexibilité.

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Sources scientifiques

Les informations présentées dans cet article s’appuient sur les recommandations et publications scientifiques de référence actuellement disponibles concernant le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA).

Références

Références générales sur le TSA

American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed., text rev.; DSM-5-TR). American Psychiatric Association Publishing.

Ben-Sasson, A., Hen, L., Fluss, R., Cermak, S. A., Engel-Yeger, B., & Gal, E. (2009). A meta-analysis of sensory modulation symptoms in individuals with autism spectrum disorders. Journal of Autism and Developmental Disorders, 39(1), 1-11. https://doi.org/10.1007/s10803-008-0593-3

Demetriou, E. A., Lampit, A., Quintana, D. S., Naismith, S. L., Song, Y. J. C., Pye, J. E., Hickie, I., & Guastella, A. J. (2018). Autism spectrum disorders: A meta-analysis of executive function. Molecular Psychiatry, 23(5), 1198-1204. https://doi.org/10.1038/mp.2017.75

Haute Autorité de Santé. (2018). Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie de l’adulte. https://www.has-sante.fr

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World Health Organization. (2022). International classification of diseases for mortality and morbidity statistics (11th Revision). https://icd.who.int


Fonctions exécutives

Diamond, A. (2013). Executive functions. Annual Review of Psychology, 64, 135-168. https://doi.org/10.1146/annurev-psych-113011-143750

Kenworthy, L., Anthony, L. G., Naiman, D. Q., Cannon, L., Wills, M. C., Luong-Tran, C., Werner, M. A., Alexander, K. C., & Strang, J. F. (2014). Randomized controlled effectiveness trial of executive function intervention for children on the autism spectrum. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 55(4), 374-383. https://doi.org/10.1111/jcpp.12161


Communication sociale

Mundy, P. (2016). Autism and joint attention: Development, neuroscience, and clinical fundamentals. Guilford Press.

Tager-Flusberg, H. (2007). Evaluating the theory-of-mind hypothesis of autism. Current Directions in Psychological Science, 16(6), 311-315.


Intérêts spécifiques

Grove, R., Hoekstra, R. A., Wierda, M., & Begeer, S. (2018). Special interests and subjective wellbeing in autistic adults. Autism Research, 11(5), 766-775. https://doi.org/10.1002/aur.1931

Winter-Messiers, M. A. (2007). From tarantulas to toilet brushes: Understanding the special interest areas of children and youth with Asperger syndrome. Remedial and Special Education, 28(3), 140-152.


Particularités sensorielles

Schaaf, R. C., & Lane, A. E. (2015). Toward a best-practice protocol for assessment of sensory features in autism spectrum disorder. Journal of Autism and Developmental Disorders, 45(5), 1380-1395. https://doi.org/10.1007/s10803-014-2299-z

Définition du TSA : qu’est-ce que le Trouble du Spectre de l’Autisme ?

Le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) est un trouble du neurodéveloppement qui influence la manière dont une personne perçoit son environnement, communique, interagit avec les autres et traite les informations. L’autisme accompagne la personne tout au long de sa vie et se manifeste différemment d’un individu à l’autre.

Aujourd’hui, les connaissances scientifiques permettent de mieux comprendre l’autisme et d’adapter l’accompagnement proposé aux enfants, adolescents et adultes concernés. Pourtant, de nombreuses idées reçues persistent encore, ce qui rend nécessaire une information claire et accessible.

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Une autre façon de percevoir et de traiter le monde

L’autisme n’est pas une maladie et ne se guérit pas. Il s’agit d’un fonctionnement neurodéveloppemental particulier présent dès les premières années de vie.

Les personnes avec TSA peuvent percevoir, analyser et comprendre leur environnement d’une manière différente de celle de la majorité de la population. Ces différences peuvent concerner la communication, les interactions sociales, la sensibilité sensorielle, l’organisation des activités quotidiennes ou encore les centres d’intérêt.

Chaque personne autiste possède son propre profil, ses forces, ses difficultés et ses besoins spécifiques.

Pourquoi parle-t-on de « spectre » ?

Le terme « spectre » ne signifie pas que certaines personnes seraient « un peu autistes » et d’autres « très autistes ».

Il indique plutôt qu’il existe une grande diversité de profils.

Deux personnes ayant un diagnostic de TSA peuvent présenter des caractéristiques très différentes. Certaines auront besoin d’un accompagnement important dans leur quotidien, tandis que d’autres pourront vivre de manière relativement autonome tout en rencontrant des difficultés spécifiques dans certaines situations.

Cette diversité explique pourquoi il n’existe pas un seul type d’autisme mais une multitude de profils.

Comprendre la notion de spectre dans l'autisme : illustration expliquant la diversité des profils au sein du Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA).
Une ressource pédagogique pour mieux comprendre pourquoi l’autisme est qualifié de « spectre » et comment les caractéristiques peuvent varier d’une personne à l’autre.

Les principales caractéristiques du TSA

Les critères diagnostiques actuels regroupent les manifestations de l’autisme autour de deux grandes dimensions :

Les différences dans la communication et les interactions sociales

Certaines personnes avec TSA peuvent rencontrer des difficultés pour comprendre les codes sociaux implicites, interpréter certaines expressions faciales, décoder l’humour ou engager spontanément des interactions avec les autres.

Ces différences ne signifient pas un manque d’intérêt pour les relations sociales. Elles traduisent souvent une manière différente de comprendre et d’utiliser la communication.

Schéma expliquant les principaux défis de la communication dans l’autisme : compréhension des codes sociaux implicites, reconnaissance des émotions, compréhension de l’humour et engagement dans les conversations.

Les comportements répétitifs et les intérêts spécifiques

Les personnes autistes peuvent présenter des intérêts très approfondis pour certains sujets, rechercher des routines stables ou manifester des comportements répétitifs appelés stéréotypies.

Ces comportements ont souvent une fonction utile : gestion du stress, régulation sensorielle, plaisir, concentration ou prévisibilité.

Schéma illustrant les différentes fonctions possibles de certains comportements dans l’autisme : gestion du stress, régulation sensorielle, plaisir, concentration et recherche de prévisibilité.

Les particularités sensorielles

Les particularités sensorielles occupent une place importante dans l’autisme.

Certaines personnes peuvent être très sensibles aux bruits, à la lumière, aux odeurs ou aux textures. D’autres peuvent au contraire rechercher certaines stimulations sensorielles.

Ces différences peuvent avoir un impact important sur la vie quotidienne, la scolarité, le travail ou les activités sociales.

Infographie sur les particularités sensorielles dans l’autisme présentant l’hypersensibilité sensorielle, la recherche de stimulations sensorielles et leurs impacts sur la vie quotidienne.

Quelles sont les causes de l’autisme ?

Les recherches scientifiques actuelles montrent que l’autisme résulte principalement de facteurs génétiques et neurodéveloppementaux complexes.

Aucun élément scientifique sérieux ne permet de soutenir certaines idées reçues encore parfois diffusées, comme un lien entre vaccination et autisme.

L’autisme n’est pas causé par l’éducation parentale, un manque d’affection ou une erreur éducative.

Idées reçues sur l'autisme : publication pédagogique expliquant les mythes et réalités du Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA).
Une publication dédiée aux principales idées reçues sur l’autisme afin de mieux comprendre la réalité du Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA).

L’état des connaissances actuelles

Les connaissances sur l’autisme ont considérablement progressé au cours des dernières décennies.

L’amélioration du repérage, l’évolution des critères diagnostiques et une meilleure sensibilisation des professionnels permettent aujourd’hui d’identifier davantage de personnes concernées qu’auparavant.

Cette évolution contribue à une meilleure compréhension des besoins et à un accompagnement plus adapté.

En résumé

Le TSA correspond à un fonctionnement neurodéveloppemental particulier qui influence la communication, les interactions sociales, les comportements et le traitement des informations sensorielles.

Chaque personne autiste présente un profil unique. Comprendre cette diversité constitue une étape essentielle pour favoriser l’inclusion, l’adaptation des environnements et le respect des besoins de chacun.

Synthèse visuelle présentant les principales dimensions du Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA).

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Sources scientifiques

Les informations présentées dans cet article s’appuient sur les recommandations et publications scientifiques de référence actuellement disponibles concernant le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA).

Références

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Haute Autorité de Santé. (2018). Trouble du spectre de l’autisme : signes d’alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l’enfant et l’adolescent. https://www.has-sante.fr

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Lord, C., Brugha, T. S., Charman, T., Cusack, J., Dumas, G., Frazier, T., Jones, E. J. H., Jones, R. M., Pickles, A., State, M. W., Taylor, J. L., & Veenstra-VanderWeele, J. (2020). Autism spectrum disorder. Nature Reviews Disease Primers, 6(1), Article 5. https://doi.org/10.1038/s41572-019-0138-4

National Institute for Health and Care Excellence. (2021). Autism spectrum disorder in under 19s: Recognition, referral and diagnosis (CG128). https://www.nice.org.uk/guidance/cg128

National Institute for Health and Care Excellence. (2021). Autism spectrum disorder in adults: Diagnosis and management (CG142). https://www.nice.org.uk/guidance/cg142

World Health Organization. (2022). International classification of diseases for mortality and morbidity statistics (11th Revision). https://icd.who.int

Zeidan, J., Fombonne, E., Scorah, J., Ibrahim, A., Durkin, M. S., Saxena, S., Yusuf, A., Shih, A., & Elsabbagh, M. (2022). Global prevalence of autism: A systematic review update. Autism Research, 15(5), 778-790. https://doi.org/10.1002/aur.2696