Des fiches, activités et outils pédagogiques gratuits, sélectionnés et vérifiés avant leur mise à disposition.
Préparer une transition
Une fiche pratique gratuite pour mieux comprendre les difficultés liées aux changements d’activité ou de situation chez les personnes autistes.
Découvrez une méthode en cinq étapes pour anticiper les transitions, adapter l’accompagnement aux besoins de la personne et évaluer ce qui l’aide réellement.
Au programme : conseils concrets, exemple du quotidien, support visuel « Maintenant → Ensuite → Après » et références documentaires.
Lire la fiche directement en ligne
Préparer une transition : la méthode en cinq étapes
Les changements d’activité ou de situation peuvent être difficiles pour certaines personnes autistes. Interrompre une activité appréciée, comprendre ce qui vient ensuite ou faire face à une nouvelle ambiance sensorielle peut nécessiter un accompagnement adapté.
Une difficulté de transition ne constitue pas nécessairement un refus d’obéir. Il est important de rechercher ce qui rend le changement difficile avant de choisir une aide.
1. Choisir une transition précise
Identifiez une situation concrète et régulière : quitter un jeu pour passer à table, changer de salle ou se préparer à sortir. Commencez par observer cette transition plutôt que de chercher à modifier toutes les habitudes simultanément.
2. Rendre la suite prévisible
Expliquez ce qui se passe maintenant, ce qui viendra ensuite et ce qui suivra. Selon les capacités de compréhension et les préférences de la personne, utilisez la parole, des photographies, des pictogrammes, des objets ou des mots écrits.
3. Prévenir au bon moment
Annoncez le changement suffisamment tôt pour permettre à la personne de s’y préparer. Le délai doit être individualisé : les comptes à rebours et les minuteurs peuvent aider certaines personnes, mais en mettre d’autres en difficulté.
4. Faciliter le passage
Permettez, lorsque c’est possible, de terminer une étape identifiable. Réduisez les stimulations gênantes, proposez une aide, une pause ou un choix réel. L’objectif n’est pas d’obtenir une transition immédiate à tout prix.
5. Observer et ajuster
Vérifiez si la personne comprend mieux ce qui va se passer, exprime plus facilement ses besoins et traverse le changement avec davantage de confort. Si l’aide proposée ne fonctionne pas, recherchez pourquoi et adaptez-la.
Exemple concret : quitter un jeu pour passer à table
Situation : une personne autiste manifeste régulièrement des signes de difficulté lorsqu’elle doit interrompre son jeu pour rejoindre le repas.
Avant d’intervenir, plusieurs hypothèses sont à explorer :
- Elle souhaite terminer une étape de son jeu.
- Le repas est annoncé trop tardivement.
- Elle ne comprend pas précisément ce qui va se passer.
- L’environnement du repas présente des stimulations sensorielles gênantes.
- Elle ne dispose pas d’un moyen adapté pour demander davantage de temps ou de l’aide.
Ces hypothèses ne sont pas des conclusions : elles doivent être confrontées aux observations et, autant que possible, à ce que la personne exprime.
Adaptations possibles :
- Repérer avec elle un point d’arrêt identifiable.
- Annoncer la prochaine activité sous une forme compréhensible.
- Présenter la séquence « Jeu → Repas → Activité suivante » si ce support lui convient.
- Proposer une pause ou un délai supplémentaire lorsque cela est possible.
- Observer si ces aménagements améliorent la compréhension et réduisent la détresse.
Outil pratique : Maintenant → Ensuite → Après
Pour préparer une transition, trois repères peuvent être utiles :
MAINTENANT : quelle activité suis-je en train de faire ?
ENSUITE : quelle activité va commencer ?
APRÈS : que se passera-t-il ensuite ?
Ces repères peuvent être représentés par des mots, des photographies, des pictogrammes ou des objets, selon les capacités de compréhension et les préférences de la personne.
Permettre aussi d’exprimer un besoin :
- J’ai besoin de plus de temps.
- J’ai besoin d’une pause.
- J’ai besoin d’aide.
- Il y a trop de bruit.
- Je voudrais savoir ce qui va se passer.
Les moyens de communication doivent être adaptés à la personne. Il ne suffit pas de proposer des choix si elle ne peut pas les comprendre ou les utiliser.
Comment savoir si l’accompagnement fonctionne ?
Au fil de transitions comparables, observer notamment :
- La compréhension de ce qui va se passer
- Les signes de confort ou de détresse
- La possibilité d’exprimer ses besoins
- Le niveau d’aide nécessaire
- La participation et l’autonomie de la personne
Une transition réussie ne se résume pas à sa rapidité ou à l’absence d’opposition. Elle doit également respecter les besoins, la communication et le bien-être de la personne.
Les changements d’activité ou de situation peuvent être difficiles pour certaines personnes autistes. Interrompre une activité appréciée, comprendre ce qui vient ensuite ou faire face à une nouvelle ambiance sensorielle peut nécessiter un accompagnement adapté.
Une difficulté de transition ne constitue pas nécessairement un refus d’obéir. Il est important de rechercher ce qui rend le changement difficile avant de choisir une aide.
1. Choisir une transition précise
Identifiez une situation concrète et régulière : quitter un jeu pour passer à table, changer de salle ou se préparer à sortir. Commencez par observer cette transition plutôt que de chercher à modifier toutes les habitudes simultanément.
2. Rendre la suite prévisible
Expliquez ce qui se passe maintenant, ce qui viendra ensuite et ce qui suivra. Selon les capacités de compréhension et les préférences de la personne, utilisez la parole, des photographies, des pictogrammes, des objets ou des mots écrits.
3. Prévenir au bon moment
Annoncez le changement suffisamment tôt pour permettre à la personne de s’y préparer. Le délai doit être individualisé : les comptes à rebours et les minuteurs peuvent aider certaines personnes, mais en mettre d’autres en difficulté.
4. Faciliter le passage
Permettez, lorsque c’est possible, de terminer une étape identifiable. Réduisez les stimulations gênantes, proposez une aide, une pause ou un choix réel. L’objectif n’est pas d’obtenir une transition immédiate à tout prix.
5. Observer et ajuster
Vérifiez si la personne comprend mieux ce qui va se passer, exprime plus facilement ses besoins et traverse le changement avec davantage de confort. Si l’aide proposée ne fonctionne pas, recherchez pourquoi et adaptez-la.
Exemple concret : quitter un jeu pour passer à table
Situation : une personne autiste manifeste régulièrement des signes de difficulté lorsqu’elle doit interrompre son jeu pour rejoindre le repas.
Avant d’intervenir, plusieurs hypothèses sont à explorer :
- Elle souhaite terminer une étape de son jeu.
- Le repas est annoncé trop tardivement.
- Elle ne comprend pas précisément ce qui va se passer.
- L’environnement du repas présente des stimulations sensorielles gênantes.
- Elle ne dispose pas d’un moyen adapté pour demander davantage de temps ou de l’aide.
Ces hypothèses ne sont pas des conclusions : elles doivent être confrontées aux observations et, autant que possible, à ce que la personne exprime.
Adaptations possibles :
- Repérer avec elle un point d’arrêt identifiable.
- Annoncer la prochaine activité sous une forme compréhensible.
- Présenter la séquence « Jeu → Repas → Activité suivante » si ce support lui convient.
- Proposer une pause ou un délai supplémentaire lorsque cela est possible.
- Observer si ces aménagements améliorent la compréhension et réduisent la détresse.
Outil pratique : Maintenant → Ensuite → Après
Pour préparer une transition, trois repères peuvent être utiles :
MAINTENANT : quelle activité suis-je en train de faire ?
ENSUITE : quelle activité va commencer ?
APRÈS : que se passera-t-il ensuite ?
Ces repères peuvent être représentés par des mots, des photographies, des pictogrammes ou des objets, selon les capacités de compréhension et les préférences de la personne.
Permettre aussi d’exprimer un besoin :
- J’ai besoin de plus de temps.
- J’ai besoin d’une pause.
- J’ai besoin d’aide.
- Il y a trop de bruit.
- Je voudrais savoir ce qui va se passer.
Les moyens de communication doivent être adaptés à la personne. Il ne suffit pas de proposer des choix si elle ne peut pas les comprendre ou les utiliser.
Comment savoir si l’accompagnement fonctionne ?
Au fil de transitions comparables, observer notamment :
- La compréhension de ce qui va se passer
- Les signes de confort ou de détresse
- La possibilité d’exprimer ses besoins
- Le niveau d’aide nécessaire
- La participation et l’autonomie de la personne
Une transition réussie ne se résume pas à sa rapidité ou à l’absence d’opposition. Elle doit également respecter les besoins, la communication et le bien-être de la personne
Sources et références
1. Haute Autorité de Santé (HAS, 2026)
Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent.
Recommandations françaises sur les interventions individualisées, l’évaluation du fonctionnement, la communication et l’adaptation de l’environnement.
2. National Institute for Health and Care Excellence (NICE, 2013, actualisation 2021)
Autism spectrum disorder in under 19s: support and management — CG170.
Recommandations concernant notamment les facteurs environnementaux, la prévisibilité, la communication et les besoins individuels.
https://www.nice.org.uk/guidance/cg170/chapter/recommendations
3. National Autistic Society
Preference for order, predictability or routine.
Informations sur l’importance des routines, la préparation des changements et la prise en compte des préférences des personnes autistes.
Précaution d’utilisation
Cette fiche propose des repères pratiques à adapter à chaque personne. Elle ne constitue pas un protocole thérapeutique standardisé et ne remplace pas une évaluation individualisée lorsque les difficultés sont importantes ou persistantes.
Grille d’observation des comportements
Une grille pratique gratuite pour observer les comportements avec précision, mieux comprendre les situations difficiles et identifier des adaptations respectueuses des besoins de la personne autiste.
Cet outil imprimable de trois pages aide les familles et les professionnels à distinguer les faits observés des interprétations, à repérer les facteurs contextuels et à formuler des hypothèses à vérifier.
Au programme : exemples concrets, grille d’observation à remplir, recherche de régularités, suivi des adaptations et références scientifiques.
L’objectif n’est pas de faire disparaître systématiquement un comportement, mais de mieux comprendre sa fonction possible et d’améliorer le confort, la communication et la participation de la personne.
Lire la fiche directement en ligne
Grille d’observation des comportements
Observer pour mieux comprendre et accompagner
1. Pourquoi observer un comportement ?
Lorsqu’une personne autiste présente un comportement qui occasionne une difficulté, une détresse ou un risque, il est important de chercher à comprendre ce qui se passe avant de proposer une intervention.
Un comportement peut être influencé par différents facteurs : douleur, fatigue, incompréhension, particularités sensorielles, difficultés de communication, frustration ou modification de l’environnement.
L’objectif n’est pas de faire disparaître systématiquement un comportement, mais de mieux comprendre les besoins de la personne et d’adapter son accompagnement.
L’observation structurée permet de distinguer ce qui est réellement constaté des explications que nous envisageons.
2. Les quatre éléments à observer
A. Le contexte général
Relever les éléments susceptibles d’influencer la situation : sommeil, fatigue apparente, douleur possible, bruit, luminosité, changement de routine, personnes présentes ou événement récent.
B. Avant : que s’est-il passé juste avant ?
Décrire les événements qui précèdent immédiatement le comportement : une consigne, une transition, une attente, un refus, une interruption d’activité ou une modification de l’environnement.
C. Pendant : qu’a fait précisément la personne ?
Décrire les gestes, les paroles et les actions observables, sans interprétation. Lorsque cela est pertinent, relever la durée, la fréquence et les éventuels risques.
D. Après : que s’est-il passé ensuite ?
Noter ce qui a changé : réaction d’un adulte, interruption d’une activité, pause proposée, modification de la demande ou aide apportée.
Attention : un événement survenant après un comportement n’en constitue pas nécessairement la cause. Il ne suffit pas non plus à démontrer sa fonction.
3. Distinguer observation et interprétation
Exemple 1
- Observation : « Elle a saisi la manche de l’adulte pendant huit secondes. »
- Interprétation : « Elle voulait attirer l’attention. »
Exemple 2
- Observation : « Il s’est bouché les oreilles après le démarrage de l’aspirateur. »
- Interprétation : « Il refuse de ranger. »
Exemple 3
- Observation : « Elle a quitté la table après la présentation d’une activité. »
- Interprétation : « Elle ne veut pas travailler. »
Ces interprétations peuvent constituer des hypothèses à examiner. Elles ne doivent pas être considérées comme des conclusions sans observations complémentaires.
4. Comment utiliser la grille d’observation ?
Le PDF téléchargeable contient une grille imprimable permettant de recueillir les informations suivantes :
Identifier la situation
- Date, heure et lieu
- Activité en cours et personnes présentes
- Comportement précisément défini
- Raisons pour lesquelles la situation nécessite une observation
Décrire un épisode
- Contexte général et facteurs possibles
- Événements précédant immédiatement le comportement
- Description factuelle du comportement
- Durée, fréquence ou risques éventuels
- Événements survenant après le comportement
- Besoins exprimés et signes de confort ou d’inconfort
- Aides proposées et réactions observées
Observer également les situations sans difficulté
Lorsque la même activité se déroule sans incident, noter ce qui était différent : préparation plus importante, environnement plus calme, présence d’une personne de référence, consigne adaptée ou possibilité de demander une pause.
Les situations dans lesquelles le comportement n’apparaît pas peuvent être particulièrement instructives.
5. Rechercher des régularités et formuler des hypothèses
Après plusieurs observations, examiner :
- Les circonstances dans lesquelles le comportement apparaît le plus fréquemment
- Les situations comparables dans lesquelles il n’apparaît pas
- Les besoins et les préférences exprimés par la personne
- Les éventuels facteurs médicaux, sensoriels, émotionnels ou environnementaux
- Les adaptations qui semblent faciliter la situation
Une hypothèse peut être formulée ainsi :
« Lorsque [la situation concernée], le comportement [description observable] apparaît plus fréquemment, possiblement en lien avec [besoin ou facteur à explorer]. »
Une hypothèse n’est pas un diagnostic ni une fonction démontrée. Elle doit être confrontée à plusieurs observations et à la perspective de la personne concernée autant que possible.
6. Choisir une adaptation et vérifier ses effets
Une fois une hypothèse formulée, choisir un aménagement précis et réalisable.
Il peut notamment s’agir de :
- Rendre une activité ou une transition plus prévisible
- Adapter les consignes au niveau de compréhension
- Réduire une source de gêne sensorielle
- Faciliter l’expression d’un besoin ou d’un refus
- Proposer une pause ou une autre manière de participer
- Modifier les conditions d’une activité particulièrement difficile
L’efficacité de l’aménagement doit ensuite être observée.
Plusieurs indicateurs peuvent être suivis :
- La fréquence des épisodes, en tenant compte du nombre d’occasions comparables
- Leur durée ou leur intensité observable, si cela est pertinent
- Les manifestations de détresse ou les risques
- La possibilité pour la personne d’exprimer ses besoins
- Son confort, sa participation et son autonomie
Une diminution du comportement ne suffit pas à conclure à une amélioration si elle s’accompagne d’une augmentation de la détresse ou d’une réduction des possibilités de communication.
7. Exemple concret : une transition difficile
Situation : une personne éprouve régulièrement des difficultés lorsqu’elle doit interrompre une activité appréciée.
Avant : l’adulte annonce immédiatement la fin de l’activité.
Pendant : la personne saisit le vêtement de l’adulte pendant plusieurs secondes.
Après : l’adulte s’immobilise, parle à la personne et retarde le déplacement.
Observation complémentaire : lorsque la transition est préparée et qu’une étape de l’activité peut être terminée, les difficultés semblent moins fréquentes.
Hypothèses à explorer :
- Difficulté à interrompre l’activité
- Anticipation insuffisante
- Besoin de temps supplémentaire
- Difficulté à exprimer ce besoin
Adaptation possible : annoncer la suite sous une forme compréhensible, prévoir un point d’arrêt identifiable et permettre une demande de temps supplémentaire.
Évaluation : observer plusieurs transitions comparables en tenant compte de la communication, de la détresse et des possibilités de participation.
Cet exemple est fictif et illustre une démarche d’observation, sans constituer une conclusion clinique.
8. Cinq précautions importantes
1. Ne pas considérer automatiquement les comportements inhabituels comme problématiques
Certains mouvements, préférences ou comportements d’autorégulation ne nécessitent aucune intervention lorsqu’ils ne provoquent pas de préjudice.
2. Rechercher une éventuelle cause médicale
Une douleur, un inconfort ou une modification inhabituelle du comportement peut justifier une évaluation médicale.
3. Ne pas provoquer une situation difficile pour compléter la grille
L’observation doit être réalisée dans des conditions respectueuses et sûres.
4. Préserver la confidentialité
Privilégier un pseudonyme ou un code, limiter les données recueillies à ce qui est nécessaire et conserver les documents dans un espace sécurisé.
5. Solliciter un accompagnement spécialisé lorsque cela est nécessaire
Des difficultés importantes, répétées ou dangereuses peuvent nécessiter une évaluation approfondie et un accompagnement individualisé.
À retenir
Observer, ce n’est pas chercher un coupable ni contrôler la personne. C’est comprendre les interactions entre ses besoins, sa communication et son environnement afin de proposer des adaptations respectueuses et utiles.
Cette grille constitue un outil pédagogique d’observation. Elle ne remplace pas une évaluation clinique, une analyse fonctionnelle complète ni un projet d’accompagnement individualisé.
Sources et références
Sources et références
1. Haute Autorité de Santé (HAS, 2026)
Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent.
Recommandations françaises sur l’évaluation individualisée du fonctionnement, la communication, l’adaptation de l’environnement, l’analyse fonctionnelle et la prévention des comportements qui mettent en difficulté.
2. Haute Autorité de Santé / Anesm (2016, mise à jour 2018)
Les « comportements-problèmes » au sein des établissements et services accueillant des enfants et adultes handicapés : Prévention et réponses.
Recommandations concernant l’observation, la compréhension des situations, la prévention et l’adaptation des réponses pour améliorer la qualité de vie des personnes accompagnées.
3. National Institute for Health and Care Excellence (NICE, 2013, actualisation 2021)
Autism spectrum disorder in under 19s: support and management — CG170.
Recommandations sur la recherche des facteurs susceptibles d’influencer les comportements : communication, santé, environnement sensoriel, routines, prévisibilité et besoins individuels.
https://www.nice.org.uk/guidance/cg170/chapter/recommendations
4. National Institute for Health and Care Excellence (NICE, 2015)
Challenging behaviour and learning disabilities: prevention and interventions — NG11.
Recommandations sur l’observation directe, l’analyse fonctionnelle, la comparaison des situations dans lesquelles un comportement apparaît ou non et le suivi des interventions.
Cette recommandation concerne spécifiquement les personnes présentant un trouble du développement intellectuel. Ses principes méthodologiques sont ici utilisés comme repères, sans supposer leur application systématique à toutes les personnes autistes.
https://www.nice.org.uk/guidance/ng11/chapter/recommendations
Précaution d’utilisation
Cette grille constitue un outil pédagogique original de Paré pour l’Autisme ®, inspiré des recommandations relatives à l’observation structurée et à l’analyse fonctionnelle.
Elle n’est ni une échelle diagnostique ni un instrument psychométrique validé. Elle ne remplace pas une évaluation individualisée, un bilan médical ou une analyse fonctionnelle approfondie lorsque la situation le nécessite.
Les informations recueillies doivent respecter la confidentialité et être limitées aux besoins de l’accompagnement.
Comprendre les particularités sensorielles
Une fiche pratique gratuite pour mieux comprendre les particularités sensorielles des personnes autistes, reconnaître les signes d’inconfort et adapter l’environnement à leurs besoins.
Découvrez une méthode en quatre étapes pour observer les situations, recueillir les préférences de la personne, proposer des aménagements adaptés et vérifier leur efficacité au quotidien.
Au programme : hypersensibilité et hyposensibilité, huit domaines sensoriels, exemples concrets, conseils d’accompagnement, grille de repérage personnalisable et références scientifiques.
L’objectif : mieux comprendre les expériences sensorielles de chaque personne, réduire les situations d’inconfort et favoriser son bien-être, sa communication et sa participation aux activités quotidiennes.
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Comprendre les particularités sensorielles
Reconnaître les besoins, adapter l’environnement et favoriser le confort au quotidien
1. Les sensations ne sont pas vécues de la même manière
Les personnes autistes peuvent percevoir et traiter certaines informations sensorielles différemment.
Un bruit, une texture, une lumière ou un mouvement peuvent être ressentis comme particulièrement intenses, désagréables ou, au contraire, insuffisamment perceptibles.
Ces particularités varient d’une personne à l’autre. Elles peuvent également évoluer selon les situations, la fatigue, l’état émotionnel ou le moment de la journée.
Un signe d’inconfort n’est pas nécessairement un refus ou une opposition. Il est important de rechercher ce que vit la personne et d’examiner les différentes explications possibles.
2. Trois manifestations sensorielles à connaître
L’hypersensibilité
Certaines sensations peuvent être ressenties comme particulièrement intenses ou pénibles.
Par exemple, une personne peut éprouver un inconfort important face à certains bruits, éclairages, contacts physiques ou textures de vêtements.
L’hyposensibilité
Certaines informations sensorielles peuvent être moins facilement perçues.
Une personne peut avoir besoin de repères supplémentaires pour identifier certaines sensations ou informations provenant de son environnement ou de son corps.
La recherche et l’évitement sensoriels
Une personne peut rechercher certaines sensations parce qu’elles lui procurent du plaisir, du confort ou l’aident à se réguler.
Elle peut également éviter d’autres sensations qu’elle trouve désagréables, envahissantes ou difficiles à supporter.
À retenir : une même personne peut présenter des hypersensibilités dans certains domaines, des hyposensibilités dans d’autres, et des préférences variables selon les contextes.
Il n’existe pas de profil sensoriel unique applicable à toutes les personnes autistes.
3. Les huit domaines sensoriels à explorer
1. L’audition
Certains bruits peuvent occasionner une gêne importante : conversations simultanées, sons soudains, bruits métalliques, appareils ménagers ou environnements particulièrement sonores.
2. La vision
L’éclairage, les reflets, les mouvements ou les environnements visuellement chargés peuvent influencer le confort et l’attention.
3. Le toucher
Certains vêtements, matières, textures ou contacts physiques peuvent être appréciés, recherchés ou au contraire ressentis comme désagréables.
4. L’odorat
Des parfums, odeurs alimentaires, produits ménagers ou autres odeurs de l’environnement peuvent être particulièrement perceptibles ou difficiles à supporter.
5. Le goût et les sensations buccales
Les saveurs, températures et textures des aliments peuvent influencer les préférences alimentaires et le confort pendant les repas.
6. Le système vestibulaire
Il contribue notamment à la perception des mouvements, de l’équilibre et des changements de position du corps.
Certaines personnes recherchent ou évitent des expériences impliquant le mouvement.
7. La proprioception
Elle apporte des informations sur la position et les mouvements du corps.
Des particularités proprioceptives peuvent influencer la manière dont une personne perçoit ou organise ses mouvements.
8. L’intéroception
Elle concerne la perception des sensations internes du corps, comme la faim, la soif ou certains besoins physiologiques.
Certaines personnes peuvent rencontrer des difficultés à identifier ou interpréter ces sensations.
Important : ces exemples sont des pistes d’observation. Un comportement isolé ne suffit pas à établir un profil sensoriel ou à expliquer une difficulté.
4. Reconnaître les signes possibles d’inconfort
Une difficulté sensorielle peut notamment s’accompagner de manifestations telles que :
- Se couvrir les oreilles ou les yeux.
- Éviter certains lieux, textures ou activités.
- Chercher à s’éloigner d’une stimulation.
- Exprimer un besoin de calme ou de pause.
- Rechercher certains mouvements ou certaines sensations.
- Présenter des signes de fatigue, de tension ou de détresse.
- Modifier sa manière de participer ou de communiquer.
Ces manifestations ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une cause sensorielle.
D’autres facteurs doivent être envisagés, notamment une douleur, un problème médical, de la fatigue, de l’anxiété, une difficulté de compréhension ou un besoin de communication.
5. Une méthode pratique en quatre étapes
Étape 1 — Observer
Repérer les circonstances dans lesquelles la difficulté apparaît.
Se demander :
- À quel moment survient-elle ?
- Dans quel lieu ?
- Quelles personnes sont présentes ?
- Quelles stimulations précèdent la réaction ?
- Existe-t-il des situations comparables dans lesquelles la difficulté n’apparaît pas ?
Décrire d’abord les faits observables, sans conclure immédiatement à leur cause.
Étape 2 — Écouter
Rechercher le ressenti, les préférences et les besoins de la personne concernée.
Selon ses moyens de communication, ces informations peuvent être exprimées par la parole, des gestes, des images, des choix ou un système de communication alternative et améliorée.
Lorsque cela est possible, la personne doit pouvoir participer au choix des adaptations qui la concernent.
Étape 3 — Adapter
Choisir un aménagement précis en fonction des besoins identifiés.
Par exemple :
- Réduire les bruits de fond.
- Modifier l’éclairage.
- Proposer un autre vêtement ou une texture mieux tolérée.
- Prévoir un lieu calme accessible.
- Respecter le refus d’un contact physique.
- Permettre une pause.
- Adapter la durée ou l’organisation d’une activité.
- Proposer un autre emplacement dans la pièce.
L’objectif est de rendre l’environnement plus accessible, et non d’obliger la personne à supporter une sensation pénible.
Étape 4 — Évaluer
Après plusieurs situations comparables, vérifier si l’aménagement améliore réellement la situation.
Observer notamment :
- Le confort de la personne.
- Les signes éventuels de détresse.
- Sa fatigue.
- Ses possibilités de communication.
- Sa participation aux activités qu’elle souhaite réaliser.
Si l’adaptation ne fonctionne pas, il convient de réexaminer les hypothèses et de modifier l’accompagnement.
6. Exemple concret : le bruit de la vaisselle
Situation observée
Une personne s’éloigne régulièrement de la cuisine lorsque des assiettes et des couverts s’entrechoquent.
Hypothèse à explorer
Le bruit métallique pourrait être une source d’inconfort.
Cette hypothèse reste à vérifier : d’autres facteurs peuvent également intervenir.
Adaptations possibles
- Prévenir la personne avant de manipuler la vaisselle.
- Limiter les chocs et les bruits inutiles.
- Proposer un emplacement plus calme.
- Permettre de s’éloigner temporairement.
- Recueillir ses préférences et ses besoins de communication.
Comment évaluer ?
Observer si ces aménagements améliorent le confort, réduisent la détresse et facilitent la participation lorsque la personne le souhaite.
Il ne s’agit pas de démontrer qu’elle doit rester dans la cuisine, mais de rechercher les conditions dans lesquelles elle peut participer sans inconfort excessif.
7. Outil pratique : ma fiche de repérage sensoriel
Le PDF gratuit contient une grille imprimable permettant de documenter une situation précise.
Pour chaque observation, il est proposé de renseigner les éléments suivants.
Informations générales
- Date.
- Lieu et activité.
- Code ou pseudonyme de la personne.
Sensations potentiellement concernées
- Bruit.
- Lumière.
- Toucher.
- Odeur.
- Goût et textures alimentaires.
- Mouvement et équilibre.
- Sensations corporelles.
1. Ce que j’ai observé
Décrire les faits, les gestes, le moment et le contexte de la situation.
2. Ce que la personne exprime, recherche ou évite
Noter ses paroles, ses gestes, ses choix et les autres moyens par lesquels elle manifeste ses préférences.
3. Les autres explications possibles
Examiner notamment la douleur, la fatigue, l’anxiété, l’incompréhension ou une difficulté de communication.
4. L’aménagement que nous allons essayer
Définir une modification concrète de l’environnement ou de l’activité.
5. Ce que nous avons constaté après l’essai
Observer les évolutions concernant le confort, la communication, la fatigue et la participation.
Lorsque cela est possible, comparer des situations similaires pour mieux apprécier l’utilité de l’aménagement.
La grille complète est disponible dans le PDF téléchargeable en haut de cette ressource.
8. Cinq précautions essentielles
1. Respecter les préférences de la personne
Une sensation agréable ou apaisante pour une personne peut être inconfortable pour une autre.
Les aménagements doivent être personnalisés.
2. Ne pas imposer une stimulation désagréable
Il n’est pas approprié d’imposer une sensation pénible uniquement pour entraîner la personne à la supporter.
La recherche d’accessibilité, de confort et de participation doit guider les adaptations.
3. Distinguer aménagement et intervention thérapeutique
Modifier un éclairage, limiter les bruits ou prévoir un lieu calme constitue une adaptation de l’environnement.
Ces mesures ne doivent pas être confondues avec un protocole thérapeutique dont l’efficacité aurait été spécifiquement démontrée.
4. Rechercher également d’autres causes
Une douleur, un problème auditif ou visuel, un trouble médical, de la fatigue ou une difficulté émotionnelle peuvent influencer les réactions observées.
Il est important de ne pas attribuer systématiquement toutes les difficultés au fonctionnement sensoriel.
5. Solliciter une évaluation spécialisée lorsque cela est nécessaire
Lorsque les difficultés sont importantes, persistantes ou ont des conséquences significatives sur la vie quotidienne, une évaluation individualisée par des professionnels compétents peut être indiquée.
À retenir
La question essentielle n’est pas : « Comment faire supporter cette sensation ? », mais : « Comment rendre cette situation accessible, confortable et adaptée à la personne ? »
L’observation, l’écoute des préférences et l’adaptation de l’environnement permettent de rechercher des solutions respectueuses des besoins de chacun.
Cette fiche constitue un support pédagogique. Elle ne permet pas d’établir un diagnostic sensoriel et ne remplace pas une évaluation individualisée lorsqu’elle est nécessaire.
Sources et références
Sources et références
1. Haute Autorité de Santé (HAS, 2026)
Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent.
Recommandations françaises sur l’évaluation individualisée, les particularités sensorielles, l’adaptation des environnements et la prise en compte des besoins spécifiques des enfants et adolescents autistes.
La HAS recommande notamment d’adapter les lieux de vie aux besoins individuels, en tenant compte de la communication, de la sensorialité et de la participation de la personne.
2. National Institute for Health and Care Excellence (NICE, 2013, actualisation 2021)
Autism spectrum disorder in under 19s: support and management — Clinical guideline CG170.
Recommandations britanniques concernant l’accompagnement individualisé des enfants et adolescents autistes.
La recommandation 1.1.9 souligne particulièrement l’importance des adaptations de l’environnement physique : éclairage, niveaux sonores, couleurs, espace personnel et supports visuels adaptés.
https://www.nice.org.uk/guidance/cg170/chapter/recommendations
3. National Autistic Society (2019, article revu en juin 2025)
Reasonable adjustments for autistic pupils’ sensory differences.
Article consacré aux particularités sensorielles des élèves autistes et aux adaptations concrètes permettant d’améliorer leur confort et leur participation.
Il présente notamment l’hypersensibilité, l’hyposensibilité, les effets possibles de la surcharge sensorielle et l’importance d’aménagements individualisés.
https://www.autism.org.uk/learn/knowledge-hub/professional-practice/adjustments-sensory
Précaution d’utilisation
Cette fiche pédagogique de Paré pour l’Autisme ® s’appuie sur les principes d’observation, d’individualisation et d’adaptation de l’environnement présentés dans ces publications.
Elle ne constitue ni un outil diagnostique, ni un protocole de traitement sensoriel dont l’efficacité aurait été spécifiquement validée.
Les recommandations HAS et NICE citées concernent principalement les enfants et adolescents ; l’article de la National Autistic Society porte sur le contexte scolaire. Leur utilisation dans d’autres contextes doit tenir compte de ces limites.
L’observation d’une difficulté sensorielle ne remplace pas une évaluation individualisée, notamment lorsqu’une douleur, une difficulté médicale ou un retentissement important sur la vie quotidienne est suspecté.
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